«Objectif terre: mission possible!», clament les ONG

L'invitée Martina Schmidt de Pain pour le prochain déplore le fait que la Suisse rogne le budget de l'aide au développement, mais dit son espoir malgré tout.

L’année 2015 est cruciale pour l’avenir de la terre. Fin septembre, les Etats membres de l’ONU ont adopté les 17 objectifs du développement durable (ODD) susceptibles de transformer le monde d’ici 2030. L’objectif premier reste celui d’éradiquer la pauvreté.

S’y ajoutent ceux d’une croissance mesurée tenant compte des limites des ressources de la planète, la préservation de la biodiversité et la réduction des inégalités entre les régions. Ces nouveaux objectifs ne seront réalisables que grâce à «la revitalisation d’un partenariat mondial pour le développement durable». Après les attentats de Paris, de Tunis, de Bagdad ou d’Ankara, la «mission» qui nous incombe devient plus urgente que jamais. «Objectif terre: mission possible!» L’appel audacieux a réuni récemment des représentants de la société civile, du monde politique et économique ainsi que des Eglises à la cathédrale de Lausanne pour une célébration œcuménique d’envergure nationale, organisée par 48 ONG de la coopération au développement. 900 personnes ont fait le déplacement. L’invité d’honneur, le directeur de la Direction du développement et de la coopération Manuel Sager a souligné l’importance de la dimension spirituelle et l’effort collectif nécessaire pour maîtriser durablement les défis du monde actuel. En même temps que cette manifestation se tenait à Paris la «grand-messe du climat», la COP21. La coïncidence de l’agenda n’était pas un hasard. Chaque être humain a droit à une vie digne, la biodiversité est un bien qu’il convient de protéger Les ODD sont le nouveau cadre de référence mondial pour sauver l’équilibre écologique et préserver un monde à visage humain. Une nouvelle convention climatique contraignante les complète ainsi que les moyens financiers pour y arriver. Or, à l’échelle suisse, la cohérence politique semble faire défaut car le gouvernement a décidé, suivi par le Parlement, de couper 115 millions dans le budget 2016 attribué à la coopération au développement. C’est un pas en arrière par rapport à la décision antérieure d’élever à 0,5% du PNB l’aide au développement à l’horizon 2015. Comment situer une telle décision dans les débats du monde actuel?

Le seul rempart durable contre la montée de l’extrémisme consiste en la possibilité des pays pauvres de développer leurs économies locales et de renforcer leurs sociétés civiles. Les objectifs sont fixés, encore faudrait-il mettre réellement les moyens pour les atteindre! Les religions et les ONG ont un rôle particulier à jouer: elles rappellent les valeurs fondamentales et cultivent la conviction profonde que chaque être humain a droit à une vie digne, que la biodiversité est un bien public qu’il convient de protéger. Au travers des projets de coopération au développement, elles tissent des liens de partenariat entre les personnes de différentes cultures. Et face au pessimisme ambiant, elles cultivent une dynamique de l’espérance: l’«objectif terre» est mission possible. (24 heures) (Créé: 10.12.2015, 10h41)