Le commerce équitable ne mène à rien !?

Le commerce équitable ne mène à rien !?

Les avis sur le commerce équitable sont divers. Les uns pensent que c’est le nec plus ultra de nos possibilités. D’autres critiquent tout en bloc. Qui a raison ? Ces quelques affirmations au sujet des avis critiques et des questions soulevées vous aideront à y voir plus clair.

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Les produits du commerce équitable coûtent trop cher ? !

« La majoration de prix des produits de commerce équitable ne va pas aux pauvres des pays du sud ! »
☐ Vrai ☐ Faux

C’est vrai !
La différence de prix entre le commerce équitable et le commerce conventionnel ne va pas totalement aux producteurs des pays du sud. Pour diverses raisons, c’est impossible.

C’est faux !
Les producteurs des pays du sud ne perçoivent pas la totalité de la différence du prix. Cependant, la majoration de prix est très importante pour les producteurs. Par exemple, chez Max Havelaar, le revenu augmente de 15-65 % selon les produits grâce au commerce équitable. Le reste du prix majoré revient évidemment à la chaîne de livraison, depuis le transporteur jusqu’à la publicité et les contrôles de labels car pour de petites quantités, tout est toujours plus cher que pour de grandes.

« Commerce équitable », ce n’est qu’une ruse publicitaire pour vendre plus cher.  ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Un coup d’oeil sur le rayon des chocolats chez un grand détaillant prouve que les labels équitables (particulièrement Max Havelaar et Utz) sont disponibles dans toutes les gammes de prix !

« Je ne peux pas me permettre de payer ce prix exagérément majoré des produits de commerce équitable ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Bien sûr, vous le pouvez ! Cet argent vous manquerait seulement ailleurs. Qu’est-ce qui est plus important ? Comparez votre niveau de vie à celui d’une personne qui produit ces marchandises.

« Les organisations de labels encaissent trop d’argent ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Les organisations de labels ont évidemment besoin d’argent pour contrôler les niveaux et empêcher les abus. Il faut rémunérer les experts et leurs engagements. Les taxes sur les labels sont fixés en commun par les intéressés. Il n’existe pas de contrainte concernant les labels. Si ces taxes sont trop élevées, plus personne ne se soumettra à la certification. Si elles sont trop basses, elles seront sans valeur en raison d’un mauvais travail.

Le commerce équitable est-il inutile ?

« Consommer régional (ou local) suffit. On n’a pas besoin de commerce équitable ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Si on achète exclusivement régional, pas besoin de s’attarder sur la mention « commerce équitable ». En effet, le commerce équitable ne s’applique qu’à des produits des pays du sud. Mais on a tous besoin de vêtements en coton, d’un smartphone et de chocolat !

« J’achète bio. Donc, je n’ai pas à me soucier du commerce équitable ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Certes, chez les producteurs des pays du sud, le bio est souvent lié au commerce équitable. Mais le bio se soucie principalement de ma santé et de la nature. Le commerce équitable se préoccupe surtout des personnes défavorisées.

« Les gens n’achètent équitable que pour apaiser leur conscience ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Celui qui achète équitable, souhaite consommer la conscience tranquille. Quel mal y a-t-il à cela ? Et si les producteurs en tirent un profit, c’est même une excellente chose. Mais c’est encore mieux si en achetant équitable, on n’apaise pas seulement sa conscience, mais si cet achat fait partie d’un style de vie général !

« Nous n’avons pas besoin de consignes supplémentaires. Les critères suisses sont suffisamment sévères ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Les critères suisses sont valables pour la Suisse et pour les agriculteurs et leurs aides en Suisse. Mais pour les producteurs dans les pays du sud, par exemple les travailleurs dans les mines, les cueilleuses de thé ou les producteurs de café, il n’existe pas de critères suisses qui leur garantissent des salaires leur permettant de vivre décemment. Les critères du commerce équitable le font. Ils interviennent à l’étranger, là où les lois suisses ne sont pas reconnues.

« Équitable… il vaudrait mieux veiller à la justice en Suisse ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Bien entendu, la justice en matière de commerce est très importante en Suisse. Mais la Suisse est l’un des pays les plus riches au monde. N’opposons pas les deux choses. Nous sommes tellement liés aux personnes des autres pays – non seulement par le commerce – que nous devons assumer notre responsabilité dans notre monde globalisé, au-delà des frontières de la Suisse.

« Le commerce équitable lutte contre la pauvreté ! »

« Au lieu d’acheter des produits issus du commerce équitable chers, il vaudrait mieux faire des dons ! »
☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Par un don, on peut certes faire une bonne action, mais ce sera toujours une aide du haut vers le bas. On payerai un prix minable pour les bananes etc et ensuite on jouerait à la personne généreuse ? Il vaut mieux agir dès le début de façon juste et faire un don. De cette manière, on fera vraiment œuvre utile contre la pauvreté.

Vrai !
Il vaut mieux ne rien acheter du tout quand on n’a besoin de rien. Faire un don n’est pas une alternative au commerce équitable. C’est une alternative au fait de conserver l’argent pour soi.

« Le commerce équitable ne mène à rien tant que les relations commerciales globales seront aussi
injustes ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Le commerce équitable agit précisément sur ce point important et améliore à long terme les relations commerciales globales. Le commerce équitable exerce également une pression sur la politique sans laquelle la grande percée ne peut réussir.

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« Après des décennies de commerce équitable, le monde n’est pas devenu plus équitable ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Même si notre monde est loin d’être équitable, la forte croissance du commerce équitable de ces dernières années a contribué à ce qu’un nombre considérable de personnes dans les pays du sud gagnent aujourd’hui leur vie de manière digne.

>> En savoir plus

« Les pauvres ne profitent pas du tout du commerce équitable ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Internet regorge de comptes-rendus positifs, reconnaissants de personnes directement impliquées. Par exemple grâce au label des produits Max Havalaar, le revenu des producteurs dans les pays du sud a augmenté de 15-60 %.

Vrai !
Les plus pauvres parmi les pauvres, ceux qui ne peuvent rien planter qu’ils pourraient vendre ensuite ou qui ne travaillent pas sur une plantation ou dans une usine pour l’exportation ne peuvent malheureusement pas profiter du commerce équitable.

Difficile de s’y retrouver dans la jungle des labels ! ?

« Il y a trop de labels ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Il serait plus facile de faire ses achats s’il y avait moins de labels. Les labels ne devraient pas être en concurrence, mais plutôt s’associer. De toute façon, le mieux serait de ne pas avoir de labels du tout parce que tout serait équitable !

Faux !
C’est une bonne chose qu’il y ait toujours de nouveaux labels sévères car ainsi, de plus en plus de produits deviennent progressivement plus équitable.

« Pour le commerce équitable, il n’est pas nécessaire d’avoir un label ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Il n’existe pas d’importateurs directs qui aient des relations directes avec les producteurs des pays du sud ou qui puissent garantir, sans avoir recours à une organisation de labels, que les critères du commerce équitable soient respectés.

Faux !
On ne peut pas approvisionner le large marché grâce aux petits importateurs directs. Pour que les critères du commerce équitable soient respectés chez les grands marchands du commerce équitable, les structures de contrôle sont inévitables. Ces dernières sont proposées par des organisations de labels.

« Beaucoup de bons producteurs n’ont pas de label commerce équitable ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Certains produits des pays du sud sont fabriqués de façon équitable et pourtant n’ont pas de label (voir « Pour le commerce équitable, il n’est pas nécessaire d’avoir un label ! ») Pour les produits suisses et de nombreux autres pays, on part du principe que les critères sociaux sont respectés (voir « Il faudrait commencer par avoir des labels pour les agriculteurs suisses ! »)

« Le commerce équitable ne devrait pas se limiter aux pays du sud ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Il faut que le commerce soit équitable dans le monde entier ! Vu sous cet angle, il est étrange que le commerce équitable ne s’applique qu’au commence entre le nord et le sud. Les choses se sont mises en place ainsi parce que le commerce entre le nord et le sud peut être particulièrement inéquitable.

Faux !
Le mouvement du commerce équitable s’engage pour des critères qui sont une évidence depuis longtemps en Suisse. Si des critères semblables en Suisse étaient munis du label commerce équitable, tous les producteurs suisses l’obtiendraient. Cela aurait peu de sens !

Les labels du commerce équitable ne sont pas fiables !?

« Un label commerce équitable ne signifie pas que le produit l’est ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Même les meilleurs labels ne garantissent que le minimum vital qui n’est de loin pas équitable ! En effet, la plupart des producteurs des pays du sud n’ont – même avec les meilleurs labels de commerce équitable – pas la sécurité sociale ou l’assurance vieillesse comme nous. Une appendicite pose déjà d’énormes problèmes et les vacances à l’étranger relèvent du rêve.

« Il y a trop d’abus dans le domaine des labels de commerce équitable ! » ☐ Vrai ☐ Faux

Vrai !
Tout abus est inadmissible. Malheureusement, on ne peut pas les empêcher. Partout, il existe des brebis galeuses.

Faux !
Par principe, les labels de commerce équitable sont fiables parce qu’ils contrôlent systématiquement les producteurs et sont eux-mêmes contrôlés. Pas de labels, cela ne signifierait pas de critères et pas de contrôles, mais beaucoup plus d’abus et d’injustice.

« De toute façon, on ne peut pas contrôler le commerce équitable ! »  ☐ Vrai ☐ Faux

Faux !
Certes, il n’existe pas de contrôle total. Il reviendrait beaucoup trop cher. Mais les organisations de labels cherchent constamment une mesure raisonnable de contrôle systématique et de contrôles inopinés, sans pour autant dépenser trop d’argent. Elles réussissent à augmenter la justice et à empêcher les abus.